20.03.2006
Le vieux juif blonde

Le grand talent blonde
Sophie a 20 ans, c'est une jolie jeune fille de bonne famille. En apparence, du moins. Parce que selon elle, cette enveloppe de chair cache Josef Rosenblath, un vieux juif rescapé d'Auschwitz. Mais personne ne la croit. Tous la pensent folle, ses parents les premiers qui se soutiennent mutuellement par des "Ca lui passera" et qui comptent sur un psy pour sortir leur fille de ce délire. Mais est-ce vraiment un délire? Comment ce vieux juif s'est-il retrouvé dans la tête, sinon dans la peau, de cette enfant belle comme un ange?
Au fil d'un monologue où Sophie-Josef fait parler tour à tour ses fantasmes, ses souvenirs de vieux et ses expériences de jeune fille, la réponse finira par arriver. Une réponse aux accents clairement psychanalytiques, même si le début de l'histoire laissait croire à une issue plus surréaliste. Décevant? Pas vraiment, non, parce que Mélanie Thierry sait tenir en haleine son public. La comédienne entre avec un naturel déconcertant dans chacun de ses personnages : la jeune fille forte et fragile comme une enfant mal aimée, le vieux usé par l'arthrose et les images morbides qu'il arrose de son humour juif, mais aussi la mère plus dure et froide qu'un glaçon et qu'elle sait rendre risible, le père amateur de golf incapable de tendresse mais dont elle peut faire un homme attachant, les grands-parents sourds ou qui ne comprennent rien à rien... Mélanie Thierry les fait vivre un à un sans manières, sans effort. Il lui suffit d'un franc éclat de rire pour déclencher l'hilarité, et que ses yeux s'embuent un peu pour provoquer l'émotion. Du grand talent blonde.
"Le Vieux Juif Blonde". d'Amanda Sthers. Mise en scène de Jacques Weber. Au théâtre des Mathurins, depuis le 8 mars 2006.
19:35 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
18.03.2006
Goldenberg
Initialement situé rue des Rosiers dans le marais, ce restaurant "mythique" 100% pur askénaze est vraiment décevant. Cette soit-disant institution est une catastrophe ! Tout y est gravement nul : une carte sans âme, un service au degré zéro et une saleté repoussante. La serveuse touche avec ses mains sans gants les beignets de pomme de terre et pour ce qui est des plats à emporter, si vous venez acheter des salades en fin de journée, elles n'ont plus du tout la fraîcheur du matin, le pâté de foie n'a plus la même couleur au dessus qu'au dessous et pour les plats, franchement, on ne grimpe pas non plus au rideau !
Goldenberg
69 avenue de Wagram 75017 Paris.
Tel : 01 42 27 34 79
Fax : 01 42 27 61 91
23:15 Publié dans Restaurant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Judaisme
17.03.2006
La Liste de Schindler
Ce film est repassé hier soir à la télé et j'ai eu envie d'écrire une petite note sur le film le plus émouvant de l'histoire du cinéma. A mon sens, le tour de force de Spielberg dans ce film a été de ne pas tomber dans la caricature facile mais de montrer les protagonistes dans toute leur complexité. Ainsi, Schindler n'est en fait qu'un capitaine d'industrie ayant profité du régime nazi, les juifs n'étant à la base pour lui qu'une main d'oeuvre. Et ne vous y méprenez pas, la scène "à suspense" des douches pouvant amener un sentiment de non respect pour certains qui y voient un suspens holywoodien mal placé a réellement été vécue par une des femmes de la liste, comme tout les évenements du film, vécus par les survivants dont les témoignages sont présents dans l'édition collector du dvd. Le film réserve son lot de scène marquantes que le fait de tourner en noir et blanc réhausse magnifiquement, la meilleure à mes yeux étant une des scènes finales durant laquelle les juifs de l'usine de Schindler lui fondent un anneau en or et lui remettent en témoignage de leur infinie gratitude. En bref, un hymne à la résistance envers les thèses intolérantes de tout bord.
13:00 Publié dans Dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
Maman
Depuis que maman est morte je vis dans l’angoisse permanente. C’est étrange, mais la veille de sa mort, j’imaginais qu’on m’apprenait son décès. Et dans mon imaginaire je répondais « Non ! noooooooon ! », enfin bref, un truc que je n’ai même pas dis quand on me l’a réellement apprit. C’est Pierre-Alain qui me l’a dit. Je rentrais du coiffeur juste en face de notre appartement d’Aix-en-Provence, et dans les escaliers de l’immeuble, en montant les marches, j’appelais ma sœur Judith qui était en vacances en Normandie. Je lui demandais si elle avait eu papa au téléphone, ou bien David ou Samuel, enfin quelqu’un qui aurait pu lui donner des nouvelles de maman parce que moi, j’en avais pas eu depuis quatorze heure de l’après-midi. Il devait être dix huit heures, peut-être dix neuf. Elle n’avait pas plus de nouvelles que moi. Je crois qu’elle avait réussi à appeler papa mais il lui avait dit qu’il l’a rappellerai. « Et c’est tout ? Il n’a rien dit d’autre ? ». Ben non, c’est tout. Là, j’ai senti qu’il y avait un truc qui n’allait pas du tout. J’ai senti que c’était grave. Mais pas grave au point que maman décède. Papa lui aurait quand même dit si maman avait été morte. On ne cache pas une pareille nouvelle. J’ai alors dit à Judith qu’il fallait qu’elle s’attende à raccourcir ses vacances, qu’elle allait probablement devoir retourner sur Paris pour voir maman. Je ne croyais pas si bien dire.
Pierre-Alain m’attendait déjà à l’appartement lorsque je suis entrée. C’est vrai qu’au fond, il était rentré un peu plus tôt que d’habitude. Il était au téléphone. Tout de suite, je lui ai demandé « C’est mon père ? », il a répondu oui de la tête. « Passe le moi ! ». Il a répondu « Bon, je te laisse » à son interlocuteur et a raccroché. Sur le moment, je n’ai pas réalisé qu’il avait tutoyé la personne à l’autre bout du fil. Pierre-Alain ne tutoie jamais papa. « Mais pourquoi tu as raccroché ? Il faut que je lui parle ! ». Je me suis précipitée sur le téléphone pour « rappeler » papa mais Pierre-Alain a éloigné le combiné et m’a prit dans ses bras en me caressant le dos. « Ma puce ta mère est décédée ». Et alors là, je n’ai pas dis « Non ! noooooooon ! » comme dans mes pensées antérieures. J’ai juste dis « Quoi ? » comme si j’avais mal entendu. Et lui, de me répéter cette même phrase, comme si j’avais réellement mal entendu. « Ta mère est décédée ». « De quoi ? » Et alors là, il s’est mis à me parler en des termes médicaux que je ne serais pas capable de reprendre ici. Je ne l’écoutais plus. Maman ne pouvait pas être morte. Il y a quarante huit heures elle allait bien. Tout était normal. Artères bouchées…Globules rouges…Globules blancs…Anormal…Trop tard… Crises cardiaques… Embolie pulmonaire… Je pigeais que dalle. D’ailleurs je n’écoutais pas. Je me forçais d’écouter pour comprendre ce qu’il s’était passé mais je n’y arrivais pas. En fait j’entendais, mais quand on entend on n’écoute pas, je veux dire, on n’est pas concentré. « Ça veut dire quoi ? ». Ça veut dire que blablabla, Pierre-Alain essayait de me traduire ce qu’il venait de me dire en termes moins médicaux mais ma tête était pleine de la nouvelle que je venais d’apprendre et quand un cerveau est plein, plus rien ne peux y entrer.
Pierre-Alain a perdu l’un de ses oncles il y a deux mois et cela m’a rappelé la mort de maman. Sauf que pour maman, c’était complètement différent. D’abord, elle est décédée en très peu de temps, quarante huit heures étant ultrarapide. Ensuite, il n’y avait presque personne à son enterrement en Israël. Il y avait papa les yeux perdus, David et Samuel mes petits frères chéris, Pierre-Alain toujours présent quand il le faut, et puis moi, voilà. Judith n’est pas venue car elle était enceinte de six mois et son mari Ouriel craignait pour sa grossesse. Par contre, son gynécologue lui avait dit qu’elle pouvait voyager en avion sans aucun problème. Je connais une fille qui est enceinte de six mois et qui prend l’avion, donc c’est faisable. A mon avis, elle n’est pas venue à cause d’Ouriel. Il n’avait pas l’argent pour lui payer le billet et l’hôtel. Et puis, il ne l’aurait pas laissé partir seule, il serait venu avec elle, ce qui double la note. Et puis ils auraient laissé les enfants pendant huit dix jours. Et puis elle avait qu’à être enterrée en France comme le père d’Ouriel. Faute d’argent je le sais, Judith manquait donc l’enterrement de maman et inconsciemment, elle en voudra certainement toute sa vie à Ouriel qui, le pauvre, n’avait pas les moyens de lui offrir un billet pour Israël.
L’oncle de Pierre-Alain était dans le coma depuis plus de cinq semaines il me semble, et on pouvait déjà se douter de la suite des événements. Lorsqu’il est décédé, ce n’était pas une surprise. En tout cas pas pour moi. Peut-être que je le savais parce que j’étais extérieure. Ensuite il y avait tout ce monde à son enterrement. Je ne sais pas, je dirais qu’il y avait au moins trois cent personnes, peut-être quatre cent, peut-être même cinq cent. En fait, j’en sais rien du tout, j’ai pas compté, mais il y avait un sacré monde. La famille, la belle-famille, la famille de la belle-famille, les amis, les amis des amis, les connaissances, les employés, les francs-maçons, il y avait autant de monde qu’à un mariage juif sauf que c’était un enterrement. Et puis lui, il était riche. Très riche. Maman elle, elle portait des vêtements pour sortir que même moi je n’oserai pas porter à la maison tellement ils faisaient « cheap ».
Quand elle est morte, elle avait les poignets attachés pour l’empêcher de se lever du matelas. Disons que c’est la dernière image consciente qu’elle aura eu de sa vie. Quand elle est morte, je ne suis pas sûre que le réanimateur eut été présent dans sa chambre. Ou peut-être que si, je ne connais pas les détails. La doctoresse a demandé à mon père s’il voulait rentrer dans la chambre pour la voir, et il a répondu par la négative. Il y avait mes deux frères dans le couloir de l’hôpital, ma sœur était à la plage en Normandie et moi j’étais à Aix-en-Provence en train de m’acheter un sac de pique-nique.
L’oncle de Pierre-Alain, quand il est mort, comme tout le monde s’y attendait, il avait toute sa famille autour de lui. Même moi j’étais présente quand il a rendu son dernier soupir. Ce fut la plus belle des morts. Je suis jalouse de la mort de l’oncle de mon mari à celle de ma mère. Maman n’a pas eu droit à un discours, car nous l’avons enterré dans la hâte en Israël, et les hommes chargés de son enterrement ne parlaient que l’hébreu ou le yiddish. L’oncle de Pierre-Alain a eu droit à au moins cinq discours. Peut-être plus mais de toutes les façons, mes oreilles se fermaient. Je suis jalouse. Jalouse, jalouse, jalouse. Jalouse pour maman qui est partie comme un souffle, pour qui j’ai l’impression que la vie ne fut qu’une ombre.
12:35 Publié dans Mères Juives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : MORT
16.03.2006
Le Marais
Le Pletzl
Des rues où des membres de la communauté juive vinrent s’installer, dans Paris, il y en eut plusieurs, mais aucune n’acquit une renommée et un attachement telle que la rue des Rosiers et les rues environnantes. Elles symbolisent, pour les juifs comme pour les non-juifs, LE quartier juif de Paris, pittoresque pour les touristes et empreint de nostalgie pour beaucoup de Juifs, le Marais continue de retentir de l’histoire de la diaspora des juifs émigrés à Paris.
La première difficulté qui se présente quand on étudie le « quartier juif », qu’on appelle en yiddish « pletzl », la petite place , c’est de le délimiter. Où commence-t-il ? Quand en sort-on ? Nul ne le sait. Comme le dit Jeanne Brody, ce petit bout de Pologne, planté au cœur du Marais, est une petite place qui se déplace. Tout d’abord parce qu’il y a encore débats sur l’emplacement exact du pletzl : la petite esplanade du métro St Paul ? Le croisement de la rue des Rosiers et de la rue Pavée ? Il y aura encore longtemps de longs palabres entre voisins pour s’approprier le cœur de la vie juive de Paris…
Fourreurs et tisserands au Moyen Age
L’implantation des Juifs date du Moyen-âge. Le nom des rues en témoignent : la rue des Juifs (renommée au moment de L’Affaire Dreyfus rue Ferdinand Duval), la rue de la Juiverie St-Bon (rue de la Tacherie), qui devient en 1275, la rue de la Vieille-Juiverie.
Dès la fin du XIIe siècle, Paris est avant tout un port, autour de la place de Grève, on compte de nombreux tisserands et fourreurs juifs. En 1137 Louis VI le gros ordonne l’assèchement des marais dont le quartier garde le nom, lorsque les « Ebrieux » s’y installèrent rue de la Poterie et de la Grande-Truanderie. Mais en 1182 Philippe-Auguste prononce leur exclusion. Quinze ans plus tard ils se réimplantent plus à l’est dans la Juiverie St-Bon où sont attestées plusieurs synagogues. En 1306, nouvelle expulsion ! Au même moment, sous l’impulsion de Charles V, la noblesse investit le quartier jusqu’à la fin du XVIIe siècle.
Du siècle des lumières à l’âge industriel
L’abandon du quartier par la cour pour les châteaux de la Loire puis Versailles va peu à peu rendre ce quartier au peuple, aux artisans et spécialement aux émigrés juifs alsaciens et lorrains qui s’y regroupent dès le XVIIIe siècle, en raison des bas loyers et de la proximité du marché du Temple.
En 1791, l’assemblée Constituante accorde la citoyenneté aux Juifs. Sous l’Empire sera crée le Consistoire. La synagogue de la rue St-Avoye, fondée en 1796, devient le Temple consistorial, avec ses deux cents places et ses allures de « petite cathédrale ». Le quartier regroupe encore en 1808 82% de la population juive parisienne ; les Juifs représentent 10% des habitants du quartier St-Avoye. En 1822, le consistoire bâtit la première grande synagogue rue Notre Dame de Nazareth ; Une autre suivra près de la Place des Vosges sous le second Empire. Le Marais juif a alors perdu les fastes de la cour d’autrefois : ateliers d’artisans, boutiques et entrepôts colonisent les hôtels particuliers dégradés où s’entassent une population de plus en plus pauvre.
Les immigrants juifs d'Europe Centrale
1880 voit affluer une première vague de Juifs d’Europe centrale, spécialement de Lodz et d’Autriche-Hongrie qui tentent leur chance loin des persécutions orchestrées par les autorités, tsaristes particulièrement.
Devant cette arrivée de nouveaux émigrants, plus religieux et moins bien intégrés, le Consistoire ainsi que des sociétés philanthropiques organisent écoles publiques, talmud torah, restaurant populaire et fourneau économique. La Société israélites des amis du travail (1823-1834) fonde une Ecole du Travail afin de former les enfants juifs indigents aux métiers manuels, rue des Singes, en 1865. Cette école existe toujours, 4bis rue des Rosiers, à la place de l’orphelinat Rotschild. Cela afin d’enrayer l’image du Juif pauvre exerçant les métiers caricaturaux de chiffonniers ou brocanteurs.

L’entre deux guerres
Les années 20-30 voient fleurir une étonnante vitalité culturelle et politique, avec ses cafés, ses imprimeries, son théâtre, ses journaux et ses combats idéologiques comme le montrent les archives du Bund et les querelles sur les candidats à soutenir aux élections nationales ; tout cela au milieu du grouillement de la vie des artisans, des ouvriers, des voitures à bras, à cheval qui bloquent les rues, les marchands des quatre saisons, des chanteurs des rues autour desquels on s’amasse pour reprendre le dernier refrain à la mode et les batailles des enfants du jardin des Vosges…
Déjà à cette époque, une petite communauté sépharade s’était établie autour de la rue François Miron, avec, elle aussi ses commerces et ses spécialités gastronomiques mais séparée par la rue de Rivoli, invisible frontière entre les deux communautés juives.
Le temps de la persécution
Les premières lois antisémites du régime de Vichy, datent d’octobre 1940 avec le statut des juifs qui les met à part du reste de la collectivité nationale et prévoit de fait leur exclusion économique et sociale en leur interdisant un nombre croissant d’activités. Les préfets ont dès lors le droit d’interner les juifs étrangers. La limitation des droits se poursuit en 1941 et 42. Le port de l'étoile jaune est imposé le 29 mai 1942 dans la zone occupée.
Trois grandes rafles se succèdent à Paris en 1941 et 1942 :
1°/ la rafle du 14 mai 1941 qui vise les hommes étrangers.
2°/ la rafle du 20 et 21 août : 4232 personnes, des hommes, juifs français ou étrangers sont internés à Drancy.
3°/ le 16 juillet 1942, la rafle du Vel d’hiv par laquelle 12884 personnes sont arrêtés, 3031 hommes, 5802 femmes, 4051 enfants. Au cours de l’été 1942, trois convois de 1000 personnes quittent chaque semaine Drancy pour Auschwitz où ils sont assassinés. Dans le Marais, près de 25000 personnes, hommes, femmes et enfants furent ainsi exterminés.
La renaissance
Après la guerre, le pletzl va se survivre, hanté par la mort et la déportation d'une grande partie de sa population juive.
Dans les années 50, le quartier sombre peu à peu dans l'insalubrité. On pense même en raser une partie. On y emménage que contraint et attiré par les loyers modiques. C'est en 1962, sous l'impulsion de Malraux que le quartier va retrouver un lustre perdu depuis longtemps. Son plan de sauvegarde et de réhabilitation du Patrimoine lance une série de rénovations, de rachats et d'expropriations pour « ressusciter » les hôtels particuliers transformés en entrepôts et ateliers de toutes sortes.
La présence juive du quartier, déjà amputée par les déportations, diminue encore avec le départ des artisans et des entrepreneurs. Du Marais juif, seule la rue des Rosiers et quelques rues adjacentes continuent à représenter la communauté par ces devantures de restaurants et autres magasins d'alimentation.
C'est à la même époque qu'arrive la dernière vague d'immigration dans le Marais avec les Juifs d'Afrique du nord, les « Sépharades », qui vont donner à la rue des Rosiers la couleur qu'on lui connaît. Plus affirmatifs dans leur judaïsme, plus méditerranéen aussi, ils offrent un nouveau visage de la communauté.
Cela ne va pas sans heurts, surtout avec la communauté ashkénaze qui perd progressivement le contrôle du rite dans les synagogues du quartier. ils vont faire résonner l'accent « pied-noir » dans un Marais juif qui se limite de plus en plus à la rue des Rosiers.
Usé par la spéculation, le Marais juif, aujourd'hui quartier à la mode et chic, côtoyant les bars gays, tente de conserver son âme et l'image d'un passé qui se voudrait présent. Les boucheries cachères sont remplacées par des boutiques de vêtements et la nouvelle immigration se recrute dans les professions intellectuelles et les cadres supérieurs.
20:15 Publié dans Quartier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juifs
Va, vis et deviens
Le bel hymne à la tolérance de Radu Mihaileanu n'aura remporté qu'un seul César sur quatre nominations, celui du Meilleur scénario. Beau succès en salles (plus de 500 000 entrées), le film raconte comment une mère chrétienne pousse son fils de 9 ans à se déclarer juif, pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant sera adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv où il y découvrira l'amour, la culture occidentale, la judaïté, mais aussi le racisme et la guerre. Je n'ai pas réussi à retenir mes larmes à la fin de ce film fantastique, probablement un des meilleurs. Un dvd à avoir absolument chez soi.
19:30 Publié dans Dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
15.03.2006
Petites Confidences (à ma psy)
Une psy apprend que son fils sort avec l'une de ses patientes, qui a 14 ans de plus que lui, divorcée et...non-Juive! Le comble pour une mère juive. Dans le rôle de la mère, une Meryl Streep épatante qui fera sourire beaucoup d'entre nous. Et oui, comme on se reconnaît dans ce film! Bon d'accord, l'histoire se déroule aux Etats-Unis alors le repas du Shabbat n'est pas du couscous mais du Gefilte fish (désolé pour les sépharades). Mais sinon, tout est pareil (remplacez tout de même l'accent pied noir par l'accent yiddish). Un très beau film d'amour qui raviront les femmes comme les hommes, les plus âgés comme les plus jeunes.
Avec Meryl Streep, Uma Thurman et (le beau tout pleins de muscles) Bryan Greenberg.
14:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


